Découverte de ce grand peintre parisien du XIXe siècle !
Caillebotte, je ne connaissais pas tellement. Je reconnais la peinture de l’affiche, et je l’apprécie. Je trouve que, pour un peintre du XIXe, ça change des paysages et l’angle est original : on est dans la barque avec le personnage, c’est immersif. L’homme est beau, ce qui n’est pas pour déplaire. Son corps est en plein effort pour faire avancer la barque et le mouvement, la contraction des muscles, sont perceptibles. C’est comme si on avançait avec lui dans la barque. Avec jeu de mot, la peinture « m’embarque » avec elle.
J’avais donc bien envie d’en voir et d’en savoir plus. Qui plus est, une proche enseignante d’arts plastiques m’a dit qu’elle trouvait Caillebotte sous-côté. Qu’à cela ne tienne, nous allons lui rendre justice et ajouter un corps de plus à la masse des visiteurs d’Orsay. Habituée à ces foules « orsayses », je sais que le musée propose des visites audio afin de fluidifier les visiteurs. Très bonne idée. Casque sur la tête, isolée dans la masse, je rencontre Caillebotte.
La visite audio nous présente les différentes sections de l’exposition, thématique. On s’intéresse aux différents sujets que les peintures de Caillebotte ont traitées au cours de sa carrière, plutôt courte, puisqu’il décède des suites d’une maladie à 45 ans.
Ses peintures reflètent son univers du XIXe, celui d’un célibataire bourgeois. De nombreux portraits d’hommes, ses proches, sont présents. Mais les angles et les poses sont originaux, très modernes dans le sens où ils représentent des positions quotidiennes et naturelles, pas des poses « d’apparats ». Le découpage coupe certains parties du corps, donnant un aspect cinématographique que j’apprécie énormément.
Caillebotte est également, comme moi, un parisien. Et ses représentations de la ville, fraîchement « haussmanisée », m’enchantent. J’ai l’impression de la voir à la fois neuve et ancienne. En tout cas, elle apparaît toujours dynamique et belle. Caillebotte met également en avant sa modernité avec de nombreuses toiles représentant le pont métallique de l’Europe, dans son quartier, le IXe arrondissement actuel.
L’exposition présente également quelques portraits de familles, quelques nus (très originaux pour l’époque : poses naturelles, de dos, pilosité féminine), et les nombreux tableaux que Caillebotte consacre aux canotiers et aux activités nautiques qu’il apprécie particulièrement vers la fin de sa vie.
C’est une exposition belle, riche, colorée, très variée, qui nous fait découvrir le regard original et touchant, très esthétique de Gustave Caillebotte sur ce qui l’entoure.
Si vous voulez plonger dans ses peintures, c’est jusqu’au 19 janvier !