Une belle revisite des romans de chevalerie du côté de deux jeunes jumelles, filles de seigneur.
Cette belle histoire nous plonge dans un environnement médiéval. Un château-fort, une seigneur, une belle femme. La violence du Moyen-Age aussi. Blanche, épouse d’un seigneur, se ruine physiquement et mentalement afin de fournir un héritier à son époux. Rien n’y fait. Elle ne donnera naissance qu’à deux jumelles : Ronce et Epine.
L’une est aussi blonde que l’autre est brune. L’une est le portrait de la mère, l’autre celui du père. L’une ne jure que par rester à l’intérieur et broder, l’autre à sortir et à chasser. Bien qu’aux antipodes, les deux sœurs sont indispensables l’une à l’autre et s’aiment d’un amour fort et pur.
On suit ces deux sœurs dès leur enfance et l’histoire est racontée de leur point de vue. Elles assistent donc à la triste fin de leur mère, emportée par une énième fausse couche. Elles subissent également la disgrâce de leur père et le déclin de la seigneurie. Elles restent alors seules au château simplement accompagnée de leur vieille nourrice, Cendrine.
Le roman vire alors vers le fantastique médiéval, un fantastique fait de forêts enchantées, de malédictions et de sorts étranges. Le cœur de la forêt est hanté par un esprit qui affecte les deux sœurs et les éloignent l’une de l’autre. Épine se perd dans la forêt et Ronce désespère au château. Pourtant, elles essaient toujours de se sauver et de s’entraider, l’une en chassant, l’autre en brodant. Leurs gestes sont empreints de magie comme dans les célèbres chants médiévaux.
A l’image des sœurs, le château se trouve de plus en plus isolé par une végétation qui l’envahit et le masque au reste du monde. On se croirait presque dans le château de la Bête avant l’arrivée de Belle. Une ambiance merveilleuse que l’on ne croise que trop rarement !
Avec l’aide d’un chevalier cherchant à secourir les jeunes dames qui font alors partie d’une légende, Épine, la chasseuse, réussit à rejoindre sa sœur, Ronce, et la libère de son enchantement. Ce roman au fil des saisons m’a beaucoup plus même si j’ai trouvé l’écriture parfois un peu lourde. Elle reste belle et fleurie, à l’image de l’histoire racontée.