L'agonie de la famille royale à la fin de l'Ancien Régime ? Une belle idée.
Quand je suis tombée sur la bande-annonce de ce film, j’ai été ravie. Toujours ravie des films d’histoire, encore plus sur des moments-clés, comme ici la fin de l’Ancien Régime. Sachant que c’est une période étrange, une « révolution », un changement de paradigme qui en fait tout l’intérêt : le passage d’une monarchie à une république ici. Mais dans ce cas, qu’en est-il du roi ?
Ce qui m’a moins plu dans cette bande-annonce : l’air coincé de Marie-Antoinette, beaucoup trop « pestouille » pour être XVIIIe et la réaction allergique de Louis XVI, parce que pour être gonflé comme ça, Guillaume Canet a forcément été piqué par un truc bizarre, non ? Tout au long du film, j’ai trouvé ce maquillage/masque très dommageable car il semblait recouvrir les émotions du personnage, pourtant toujours si bien jouées par M. Canet.
Dans ce film, on suit donc la famille royale depuis son incarcération à la Tour du Temple, après l’échec de la fuite à Varennes, jusqu’au jour de l’exécution de Louis XVI.
D’entrée de jeu, le film donne ses sources : les carnets du valet du roi, qui l’aurait suivi jusqu’à son dernier jour. Intéressant, ça donne envie de les lire. De mon point de vue, le déroulé et le décor sont similaires à ce que l’Histoire en dit. Avec des exceptions bien sûr : un viol de Marie-Antoinette ? Jamais entendu parlé ! Et des interprétations : un Louis XVI beaucoup trop complaisant, qui prendrait presque plaisir à ne plus régner et à attendre qu’on règle son sort – une Marie-Antoinette ivre de rage et de désespoir (bon ça, je pourrais y croire un peu plus mais j’ai du mal à imaginer une personne de son rang perdre la maîtrise de ses émotions à ce point).
J’ai beaucoup vu passer ce ressenti et je suis d’accord : le film est très lent. Les films lents ne me dérangent pas en général, quand cela est utile à l’atmosphère souhaitée par le réalisateur, et que le rythme varie. Là, c’était vraiment tout le temps lent, il faut le savoir. Comme si cette période d’agonie royale ne prenait jamais fin….enfin si, avec un coup de canon à la fin ! Comme quoi, pour le rythme, il fallait juste attendre.
Il me reste aussi en tête le jeu de Mélanie Laurent. Même si je n’ai pas aimé la vision de Marie-Antoinette présentée par ce film, j’ai beaucoup aimé l’interprétation de l’actrice, comme une louve acculée qui sort les dents, combative même quand tout espoir est perdu.