Faire parler les pierres – Musée de Cluny – Visite #4

Un petit tour du côté des vestiges de Notre-Dame de Paris ? C'est par ici !

Depuis longtemps, les vestiges de Notre-Dame de Paris se trouvent au musée de Cluny. On peut y admirer les têtes des rois (de la Bible, pas ceux de France) qui avaient ensevelis à la Révolution. On peut aussi y admirer différents vitraux qui ont été remplacés avec le temps.

Avec l’incendie de 2019, c’est assez naturellement que les découvertes archéologiques de l’INRAP ont rejoint le musée du Moyen-Age. Ce qui est assez exceptionnel, c’est qu’on peut les admirer alors qu’ils n’ont pas tous été bien étudiés pour l’instant. Une grande partie de ce qui a été retrouvé présente encore des traces de polychromie et constituerait le jubé, un monument séparant la nef du chœur de la cathédrale jusqu’au Moyen-Age.

L’exposition présente cet ensemble divers, constitué au cours du temps long et du temps court. La mise en scène est intéressante car ces pierres, souvent fractionnaires, sont complétées par des mises en scène qui ont pour objectif de montrer leur emplacement complet et originel. On a ainsi des reconstitutions partielles et des indications des emplacements de ces ensembles sur la cathédrale. On peut ainsi admirer les anciennes portes avec leurs personnages sculptés. On a aussi une belle reconstitution d’un relief des anges qui réveillent les morts pour leur jugement. Des chapiteaux sculptés et d’autres éléments architecturaux sont mis en avant, avec leur spécificité médiévale.

Puis vient la présentation des vestiges retrouvés récemment, ceux du jubé médiéval. Les morceaux sont encore colorés et représentent des parties de corps humain, j’ai trouvé cela très émouvant, notamment un magnifique visage barbu qui semble dormir et que les archéologues ont révélé après un long sommeil.

A travers une comparaison avec des enluminures médiévales, les vestiges de Notre-Dame sont mis en perspective avec la représentation de l’intérieur et de l’extérieur de la cathédrale dans les ouvrages médiévaux. Enfin, l’exposition nous guide vers les vestiges que le musée détient depuis plusieurs décennies, celles des têtes des rois, et de certains corps sans tête (merci la Révolution) qui sont réattribués grâce aux travaux des historiens de l’art.

L’exposition est parfois assez complexe dans le vocabulaire et dans la mise en scène mais je l’ai trouvé très belle et émouvante.

Le boudoir d'Histoire de châteaux

Par Suzanne Poulat

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