Je déclare mon amour à ce classique du romantisme made in XIXe siècle
La première fois que j’entends parler de ce roman, c’est dans le film Le Prénom. Quand Patrick Bruel essaie de justifier son choix de prénom en mentionnant « le héros romantique de Benjamin Constant ». Sur le coup, ça ne me marque pas plus que ça, mais à force, une question inconsciente s’installe. De quoi il parle ?
La question est là sans être là. Puis un jour, je tombe dessus, dans une édition cartonnée datant des années 70 lors de ventes solidaires Emmaüs. Et je me dis que le temps est venu, le livre m’a choisi. L’heure est enfin venue de rencontrer cet Adolphe.
Ce qui me frappe tout de suite est la fluidité de l’écriture. C’est tellement agréable à lire. Benjamin Constant a également un talent indéniable pour décrire avec nuance et doigté les soubresauts des sentiments amoureux, leur complexité, leur danse. Un pas en avant, trois pas en arrière.
Adolphe est une jeune homme tombant amoureux d’une femme légèrement plus âgée que lui. Ellénore est alors la maîtresse d’un homme important. Elle a une position sociale sensible. Pourtant, elle abandonne tout, séduite par les déclarations d’amour d’Adolphe. Il ne s’agit ici que du début de l’histoire.
L’auteur nous décrit surtout le long engrenage après le conte de fée. Rapidement, Adolphe se rend compte de la dégradation de ses sentiments et remet en question ses choix. Pourtant, il aime encore Ellénore au point de ne pas supporter de la faire souffrir, d’assumer sa séduction et de rester avec elle malgré tout, elle qui a tout sacrifié pour lui. L’auteur décrit avec sensibilité et beauté les affres de ces sentiments contradictoires et la tension constante entre le cœur et la raison. Il dépeint la lutte perpétuelle entre les deux amants qui doutent, mais aussi la lutte intérieure éreintante d’Adolphe. Une lutte fatale pour Ellénore.
C’est un vrai récit romantique du XIXe comme je les adore. Si c’est un genre qui vous plaît aussi, alors partez à la rencontre d’Adolphe, éternel romantique torturé !